Veux-tu passer de l'autre côté du miroir? Avec mes deux psychopompes, je veille sur la Source de Vie. Les devas du lieu m'inspirent des diatribes acérées contre les forces brutes de l'Âge de Fer.
Il y a en ce moment une histoire (vraie) qui traîne un peu partout et qui est édifiante, c'est l'histoire de l'ïle de Pâques. Je l'ai lu dans le dernier livre de Werber (le souffle des dieux) et dans le dernier Canard Enchaîné. Si vous ne la connaissez pas, je vous la raconte :
Cette île est très connue pour ses immenses statues en pierre et a été longtemps un mystère car tout le monde se demandait comment les indigènes avaient pu construire des trucs aussi grands. Quand le navigateur Jacob Roggeveen l'a découverte en 1722, il n'y avait plus un seul arbre, la végétation était complètement rase. Seuls 400 habitants y vivaient misérablement. Sans arbre, ils ne pouvaient construire des bateaux qui leur auraient permis de pêcher. Ils étaient divisés en 11 clans fortement hiérarchisés, chacun doté d'un chef et ils se disputaient leur minuscule territoire (vingt km sur quinze).
Trois siècles auparavant l'île de Paques comptait trente fois plus d'habitants et était couverte d'une forêt tropicale qui abritait une riche faune d'oiseaux. Les palmiers offraient ses noix en guise de nourriture, son tronc pour fabriquer des pirogues et des fibres pour tresser des cordages. Ce peuple divisé en plusieurs groupes rivaux commencèrent à ériger ces fameuses statues géantes, symbole de supériorité, sous la conduite de leurs chefs et de leurs prêtres.
Pour acheminer ses statues des carrières jusqu'aux emplacements choisis, il fallait beaucoup de cordages et de troncs. C'est ainsi que la compétition battant son plein, il n'y eut plus de palmier sur l'île. Plus de palmier, donc plus d'oiseaux. Les sols devinrent vulnérables à l'érosion, les récoltes diminuèrent. Et la population aussi...
La morale de cette histoire, vous la voyez grosse comme un gratte-ciel : nous sommes exactement dans la même position que ces habitants de l'île de Pâques. Comme eux, nous ne pouvons quitter notre planète, nous n'en avons qu'une ! Nous sommes entrain de la saccager et il est probable que notre destin rejoindra celui de l'île de Pâques si nous ne changeons pas notre tendance fondamentale : "se constituer en groupes dotés d'une hiérarchie et qui s'opposent les uns aux autres pour les ressources et pour l'espace" ((Lebeau, géophysicien).