Veux-tu passer de l'autre côté du miroir? Avec mes deux psychopompes, je veille sur la Source de Vie. Les devas du lieu m'inspirent des diatribes acérées contre les forces brutes de l'Âge de Fer.
Une idée me travaille depuis hier à propos de ce phénomène étrange que nous permettent les blogs : avoir accès à des conversations "personnelles" entre blogueurs. Je constate très souvent que les blogueurs s'écrivent des commentaires parfois anodins, mais parfois très révélateurs de leur mal être, de leur névrose, de leurs problèmes. Parfois aussi ils se laissent aller à parler d'un tiers, sans penser que ce tiers va lire ce qu'ils disent de lui, ou au contraire, en pensant que ce tiers va les lire. Parfois, j'ai l'impression de regarder par le trou de la serrure, ou d'écouter des conversations derrière une porte. Je me pose la question : cela pourrait-il provoquer des perturbations mentales ou réveiller une vieille paranoïa endormie ? Bloguer pourrait-il faire de nous des fous en puissance ? Nous faire perdre la raison...
Le plus "drôle", c'est quand je tombe sur une conversation où l'on parle de moi...Cela vous est certainement déjà arrivé. C'est un peu la réalisation d'un phantasme assez commun : devenir invisible pour savoir ce qu'on dit de vous quand vous avez le dos tourné...Parfois, c'est agréable, parce que les gens disent du bien de vous, parfois, ça l'est beaucoup moins, parce que les gens se moquent de vous, et encore parfois, c'est carrément désagréable, parce que les gens vous calomnient...Les trois me sont arrivés depuis que je blogue.
On a tous tendance à oublier ce phénomène, je pense. Comme les gens qui sont filmés 24h sur 24 finissent par oublier la caméra. Et bien, je me fais un plaisir de vous le rappeler : tout ce que vous écrivez est lu par tout le monde, par vos amis, mais aussi par vos ennemis. Alors avant d'énoncer quelques méchancetés, quelques bêtises que vous pourriez regretter, réfléchissez avant de cliquer sur "publier". Je le dis pour moi aussi. Cet article est un peu comme si je faisais un noeud à mon mouchoir.